Perspectives économiques

I. L’environnement économique
Durant ce mois de février, le risque politique aura largement retenu l’attention des investisseurs. En zone euro, c’est la France qui préoccupe le plus. Et alors qu’on espérait un éclaircissement quant au futur de la politique économique des Etats-Unis, le flou domine toujours. Cela n’a pas empêché les bonnes surprises en matière économique. Les chiffres ont, dans l’ensemble été de bonne facture. Au niveau des marchés, le mois a été positif tant sur le marché d’actions que sur les marchés obligataires.

Aux Etats-Unis, Donald Trump n’a cessé de communiquer sur sa future politique économique et sur les mesures qu’il souhaitait prendre : baisse des impôts, augmentation des dépenses pour les infrastructures et la défense, dérèglementation dans le domaine de la santé, de la finance, etc. La mise en place de ces mesures devrait néanmoins prendre du temps et nécessitera l’accord du Congrès qui, bien que dominé par les Républicains, n’est pas forcément acquis aux vues du Président Trump. Ce dernier s’est également employé à modérer son discours vis-à-vis de la Chine et du Mexique.Au niveau économique, les chiffres restent plus que jamais favorables. Les créations d’emplois s’affichent à un niveau record en février, avec une création de 298.000 postes. De leur côté, les indicateurs économiques avancés ont poursuivi leur progression.

En zone euro, les investisseurs internationaux restent fort préoccupés par les élections présidentielles françaises. Les bons chiffres du Front National inquiètent et les sondages peinent à rassurer, après que ceux-ci aient été dans l’incapacité de prévoir le Brexit ou l’élection de Donal Trump. Et la France n’est pas le seul pays qui inquiète : élection aux Pays-Bas, incertitude politique en Italie, négociation difficile entre la Grèce et ses créanciers internationaux n’ont pas manqué d’alimenter l’actualité de ces dernières semaines. Et pourtant, ces événements n’ont pas entravé la reprise économique. Les indicateurs de croissance économique sont très optimistes pour le 1er trimestre. Les indicateurs économiques avancés et les indices de confiance sont au plus haut depuis plusieurs années. Le crédit bancaire continue également sa progression. L’inflation a pour sa part atteint le niveau de 2%, notamment du fait des prix pétroliers.

Au sein des pays émergents, les chiffres conjoncturels de la Chine demeurent stables. Les réserves de change ont néanmoins continué à se réduire, passant sous le seuil des 3000 Milliards USD ce qui démontre qu’une pression baissière continue de peser sur la devise chinoise. En Russie et au Brésil, l’inflation a largement reculé ce qui contribue à stabiliser la situation économique.II. Les marchés

  • Le marché d’actions

Très attentifs aux discours de la Réserve Fédérale Américaine, plutôt favorables à une hausse prochaine des taux directeurs, les marchés ont évolué en nette hausse en février, dopés entre-autre par les bons indicateurs économiques publiés de part et d’autre de l’Atlantique. Pour les marchés américains, il s’agit du 4ème mois de hausse d’affilée, une première en 3 ans. Les indices américains ont progressé en février de +/- 4%. De leur côté, les marchés européens affichent une progression supérieure à 2%. Les marchés émergents confirment également leur bonne tenue, avec une hausse de plus de 2%. La hausse annuelle atteint déjà les 8% pour l’indice MSCI Emerging markets.

Marchés actions1 mois1er janvier12 mois3 ans
BEL 20 – Belgique1,18%

-0,62%

6,30%

15,73%

CAC 40 – France2,31%

-0,08%

11,60%

10,22%

EuroStoxx 50 – Europe2,75%

0,88%

12,69%

5,41%

S&P 500 – USA3,99%

5,85%

22,64%

27,44%

 

Marchés actions1 mois

1er janvier

12 mois3 ans
DOW JONES – USA

4,77%

5,31%

26,01%

27,51%

NIKKEI – Japon

-0,15%

0,02%

18,86%

28,82%

MSCI Emerging Markets

2,14%

8,59%

26,53%

-3,11%

HANG SENG – Chine

1,53%

7,90%

24,25%

3,96%

Sources : L’Echo.be & Boursorama.com

 

  • Le marché obligataire

Les rendements obligataires à 10 ans de la plupart des Etats ont baissé en février, servant entre autre de refuge aux incertitudes politiques en Europe. Le rendement souverain belge à 10 ans s’affiche pour l’instant aux alentours des 0,70%. Les taux allemands ont eux aussi reculé pour s’afficher à 0,20%. Les taux Italien et Espagnol ont également reflué. De leur côté, les taux américains à 10 ans sont restés relativement stables et se maintiennent aux alentours de 2,45%. Les taux japonais restent ancrés autour de 0%, conformément au souhait de la Banque Centrale Japonaise.

Taux gouvernementaux – 10 ans

Actuel

1 mois

3 mois1 an
Belgique

0,69

-0,13

0,06

0,22

France

0,89

-0,14

0,12

0,52

Allemagne

0,20

-0,16

-0,10

-0,19

Italie

2,08

0,12

0,67

-0,18

Espagne

1,55

-0,06

0,00

0,04

Etats Unis

2,42

-0,03

0,01

0,67

Japon

0,04

-0,04

0,02

0,10

Chiffres au 28/02/2017. Evolution en points de base. Sources : Boursorama.com et Les Echos.fr
· Les devises
Sur le marché des devises, celles-ci se sont, dans l’ensemble, quelque peu appréciées face à l’euro. Le dollar américain a gagné un peu plus de 2% pour s’afficher à 1,05 USD pour un euro. Légère appréciation également de la Livre Sterling, du Yen japonais et du Franc suisse.
Devises / 1 EURActuel1 mois

1er janvier

12 mois3 ans
Dollar US

1,05

-2,51%

-0,16%

-3,49%

-23,92%

Dollar Canadien

1,4

-0,64%

-0,98%

-4,60%

-8,27%

Livre Sterling

0,85

-0,93%

-0,23%

9,16%

2,99%

YEN Japonais

120,15

-1,77%

-2,44%

-2,23%

-14,50%

Franc Suisse

1,06

-0,75%

-1,12%

-2,39%

-12,72%

Taux de change pour 1 EUR, au 28/02/2017.Sources : Boursorama.com et Les Echos.fr
  • Les matières premières

Sur le marché des matières premières, c’est la hausse qui a dominé ce mois de février. Le pétrole a grappillé 1,5%, se maintenant au-delà du seuil des 55 USD. Les métaux précieux ont également gagné un peu de valeur. L’once d’or se négocie aujourd’hui à près de 1250 USD l’once. Hausse également pour l’argent. L’indice qui agrège les prix des matières premières est de son côté resté plutôt stable.

Matières premièresActuel1 mois1er janvier12 mois3 ans
Pétrole (Brent)

56,42

1,53%

-0,76%

54,36%

-48,14%

Once d’or

1247,4

3,36%

8,38%

0,73%

-6,07%

Once d’argent

18,28

4,64%

15,11%

22,85%

-13,81%

Matières premières GSCI

—–

0,23%

-1,18%

18,43%

-51,88%

Evolution en USD, au 28/02/2017.Sources : Boursorama.com

III. Notre stratégie d’investissement

  • Les chiffres économiques publiés tant aux Etats-Unis qu’en zone euro demeurent largement positifs. Cela constitue sans conteste un élément de soutien important des marchés. La possibilité pour Donald Trump de pouvoir mettre place les réformes souhaitées sera déterminante pour les prochains mois, les marchés ayant déjà largement intégré ces mesures. Une déception à ce niveau pourrait mettre un terme à la progression des marchés américains. Par ailleurs, le niveau de valorisation des actions américaines appelle également à la prudence. En Europe, les incertitudes politiques, surtout en France, ne plaident pas non plus pour une hausse à court terme des marchés boursiers européens. Néanmoins, le niveau de valorisation est beaucoup plus raisonnable. Une exposition modérée aux marchés d’actions reste donc de mise pour l’instant, en privilégiant les marchés européens. Les fonds mixtes (partie actions – partie obligations) demeurent un moyen optimal pour s’exposer prudemment à ces marchés.
  • Sur les marchés obligataires, il faut se montrer de plus en plus attentif aux hausses de taux qui commencent à se profiler aux Etats-Unis et en Europe. A ce titre, il conviendra de rester à l’écart des obligations des Etats développés et des obligations d’entreprises de bonne qualité. Nous maintenons notre avis neutre à l’égard du segment des obligations d’entreprises à haut rendement. Les fonds obligataires à échéance (2019, 2021, 2022), qui offrent une visibilité intéressante sur le rendement à l’échéance, restent néanmoins intéressants. Bien sélectionnés, nous sommes positifs à l’égard des fonds obligataires globaux, capables de générer de la performance même en cas de remontée de taux. Le segment des obligations émergentes pourrait également offrir de bons résultats cette année.
  • Sur le plan des devises, les remontées de taux, annoncées par la Réserve Fédérale et la politique économique voulue par Donald Trump devraient constituer un soutien au dollar. Le maintien d’une politique monétaire accommodante par la Banque Centrale Européenne ne devrait pas permettre à l’euro de se renforcer à court et moyen terme.
  • Les investisseurs téméraires pourront retourner prudemment vers le marché des matières premières, à mesure que les perspectives relatives à la croissance mondiale continueront de s’améliorer.

IV. Le graphique du mois

Ci-contre, ce graphique reprend (en rouge) l’évolution de l’indice des prix à la consommation en Belgique depuis 2007. On constatera qu’après une période 2012 – 2016 relativement faible, l’inflation repart nettement à la hausse depuis quelques mois pour s’afficher, fin février, à près de 3% (sur base annuelle). Cette inflation n’est évidemment pas favorable aux investisseurs qui détiennent des liquidités ou des bons d’état. Ceux-ci voient leur pouvoir d’achat progressivement grignoté.
Graphique au 1er mars 2017 Sources graphiques : SPF Economie
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