2 novembre 2013. Par Jonathan

Airbus remporte la mise au salon de Singapour

S’il y a une région du monde qui réussit à Airbus, c’est bien l’Asie. L’avionneur l’a encore démontré, en annonçant les deux seules commandes majeures du salon aéronautique de Singapour : 20 A380 pour le loueur américain Doric, rebaptisé Amedeo, et près d’une centaine d’A320 pour la jeune compagnie vietnamienne VietjetAir (63 fermes, 30 options et 7 locations).

Ces deux commandes ne sont que des confirmations. Doric et Vietjet avaient déjà signé des engagements d’achat en juin. Mais elles illustrent les efforts d’Airbus pour garder la vedette dans cette région du monde. En 2013, l’avionneur européen y a raflé 82% des commandes en nombre d’appareils (379), et 68% en valeur (51,8 milliards de dollars). Si les Airbus ne représentent encore qu’un quart de la flotte des compagnies asiatiques, l’Asie représente déjà plus du tiers du carnet de commandes de l’avionneur, avec plus de 1.700 avions à produire.

« C’est là où ça se passe, aujourd’hui et pour les prochaines décennies, résume Fabrice Brégier, le Pdg d’Airbus. Si le trafic aérien mondial devrait continuer à croître de 4% par an en moyenne sur les 20 prochaines années, selon les prévisionsistes, la croissance du trafic asiatique sera de 6% et même de 10% par an dans les zones les plus actives, comme le Vietnam.  Nous pensons que cette estimation est pessimiste et que la croissance du trafic asiatique sera encore plus importante. » Dans le même temps, la flotte asiatique devrait plus que doubler, s’accordent à dire Boeing et Airbus, pour passer de 4.960 appareils à 12.130 selon le second, dont 6.810 monocouloirs de type A320 ou B737.

Des low cost qui poussent comme des champignons

Au cœur du réacteur, la croissance du trafic intérieur chinois, qui devrait dépasser le marché américain dans les prochaines années. Mais aussi, les compagnies low cost de l’Asie du Sud-est, comme Vietjet, qui poussent comme les champignons après la pluie. On en compte aujourd’hui 47, qui représentent 58% du trafic aérien du Sud-est asiatique, contre 25% en moyenne en Asie.

Les plus connues sont la malaise Air Asia et l’indonésienne Lion Air. Airbus leur doit les deux plus grosses commandes de son histoire, en nombre d’appareils. L’avionneur a également su séduire la majorité d’entre elles, grâce au succès de l’A320 neo. « L’A320 neo a été choisi par 12 compagnies d’Asie du Sud-est contre 3 pour le Boeing 737 Max », souligne John Leahy, le directeur commercial d’Airbus. Avec 912 commandes d’A320, contre 255 pour le B737, Airbus détient ainsi, pour l’heure, 78% du marché des monocouloirs en Asie, qui représente lui-même le plus gros morceau du gâteau mondial.

Le secret de sa réussite ? Avoir su miser sur de complets inconnus, comme Tony Fernandes, le fondateur d’Air Asia, et Rusdi Kirana, celui de Lion Air. Et aujourd’hui Mme Nguyen Thi Phuong Tao, la mystérieuse co-fondatrice de Vietjet Air, qui ne parle pas un mot d’anglais. Deux ans après sa création, cette émule vietnamienne d’Air Asia, à la tête d’une flotte de 11 A320 en location, se retrouve engagée auprès d’Airbus pour 7,9 milliards de dollars.

Le pari paraît risqué, mais ne semble pas inquiéter Harald Wilhelm, le directeur financier d’Airbus Group. « Quand une compagnie signe une commande ferme, elle doit verser une avance. Et si elle annule, nous conservons cet argent, explique-t-il. C’est déjà arrivé, notamment avec la compagnie indienne Kingfisher. Mais jusqu’à présent, nous n’avons eu aucun mal à replacer les avions, même pendant au pire de la crise financière. Les avions ont le grand avantage, pour les investisseurs, d’être les actifs les plus mobiles qui soient. »

 

Une commande de 1,45 milliard de dollars pour Boeing
Boeing ne rentrera pas non plus bredouille de Singapour. Le rival américain d’ Airbus a annoncé mercredi une commande de 15 B737 de la compagnie Nok Air estimée à 1,45 milliard de dollars. La compagnie à bas coûts thaïlandaise a en effet commandé huit 737-800 de la nouvelle génération et sept 737 MAX8. « Cet engagement est une étape majeure dans notre stratégie de croissance, a justifié le patron de Nok Air, Patee Sarasin. Le 737 est l’épine dorsale de notre flotte et continuera de l’être à l’avenir ». Sa compagnie continuera à acheter des appareils, mais à un rythme moins soutenu que certains de ses concurrents, a-t-il par ailleurs prévenu dans le cadre d’une conférence de presse en marge du Salon.

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