6 mai 2014. Par Jonathan

Ignorez la reaction du marché face à l’orientation de LinkedIn

Les marchés américains ont ouvert et terminé en territoire positif ce jeudi 1er mai, présentant ainsi peu de volatilité durant la session. L’indice de référence S&P 500 fait du sur place et cède 0,01% et le Dow Jones Industrial Average (DJINDICES: DJI) a fini en repli de 0,1%. Notez également que le CBOE Volatility Index (VOLATILITYINDICES: ^VIX  ) a perdu 1,2% pour terminer à 13,25 points, ce qui représente son plus bas cette année (et bien en deçà de sa moyenne historique de 20,11). Il semble que les investisseurs préfèrent attendre la publication des chiffres mensuels de l’emploi de ce vendredi. Les premières estimations quant à la croissance du PIB pour le premier trimestre s’établissaient à un timide résultat de 0,1%, donc les investisseurs et les analystes sont plutôt en attente de preuves quant à l’accélération de la croissance. 

Hier, à la fermeture des marchés, la plateforme du réseau professionnel LinkedIn (NYSE: LNKD) a publié ses résultats du premier trimestre. Cette publication a été suivie par celle d’un autre célèbre réseau social Twitter (NYSE: TWTR). Les résultats trimestriels sont meilleurs qu’attendus par les analystes, mais ses prévisions pour l’exercice 2014 ont déçu Wall Street, faisant perdre plus de 3% à son titre dans les transactions d’après-Bourse.

Voici un tableau qui montre les résultats et les prévisions de LinkedIn par rapport aux estimations des analystes :

Réalité

Prévisions des Analystes

Q1 2014 Chiffre d’affaires$473.2 millions$466.6 millions
Q1 2014 Benefice par action $0.38$0.34
Prévisions de LinkedInPrévisions des Analystes
Q2 2014 Chiffre d’affaires $500 millions-$505 millions$505.1 million
2014 Chiffre d’affaires$2.06 milliards-$2.08 milliards$2.11 milliards

Source: Thomson Financial Network, LinkedIn

Si le cours des actions dans les transactions d’après-Bourse a son importance (surtout suite à l’annonce des résultants trimestriels), les marchés tiennent également compte d’un autre critère, celui des prévisions de la société pour le trimestre en cours et pour l’année 2014. Toutefois, mettons les choses dans leur contexte : si LinkedIn atteint le milieu de ces fourchettes d’indications, cela représenterait 38% d’évolution du chiffre d’affaires d’une année à l’autre pour le deuxième trimestre et 35% pour l’année 2014. En tenant compte du fait que l’économie a du mal de croître de 3% par an, cela reste assez bon pour mériter d’être appelé une compagnie en pleine croissance.

Bien sûr, pour les marchés, la question n’est pas de savoir si LinkedIn peut afficher ou non une croissance rapide par rapport à l’économie globale ou par rapport à d’autres indices de référence, mais plutôt comment sa croissance peut se comparer finalement aux prévisions incorporés dans son prix d’action.

Le modèle de business de LinkedIn est le plus durable de tous les autres groupes de réseau social. Contrairement à Twitter, par exemple, LinkedIn ne souffre pas d’une crise d’identité concernant la nature et la portée de son service. Tous les trois segments de LinkedIn se développent sans difficulté en affichant un taux de croissance pour le premier trimestre entre 36 à 50% et leur contribution par rapport aux activités reste stable en comparaison avec la même période de l’année précédente (Talent Solutions, le segment qui représente 58% du chiffre d’affaires total, a progressé de 50% par rapport à l’année dernière).

Evaluer une compagnie sur base des estimations du consensus des analystes pour le trimestre en cours ou même pour l’année en cours, n’est pas la bonne façon pour évaluer LinkedIn ou ses actions (en supposant que vous êtes investisseur, pas un trader). Les investisseurs feraient mieux d’essayer d’envisager une série de scénarios de ce que la société peut réaliser entre les 3 à 5 années à venir.

 

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