10 juin 2014. Par Jonathan

Elections en Inde, une opportunité pour Caterpillar ?

Le frein majeur à la croissance économique en Inde au cours de la dernière décennie est son infrastructure. Dans le Rapport sur la compétitivité mondiale 2013-2014 publié par le Forum économique mondial, l’Inde est classé 85e sur 139 pour l’infrastructure. Selon le rapport de PriceWaterhouseCoopers, la population urbaine de l’Inde des villes de Mumbai, New Delhi, Kolkata et Bangalore devrait augmenter de 500 millions d’ici 2017. De plus, d’ici 2030 le pays devraient avoir 68 villes dont le nombre d’habitants dépasserait un million. Donc, l’investissement en infrastructures telles que les routes, les chemins de fer et les réseaux électriques est impératif.

Selon ce même rapport, l’ancien gouvernement avait prévu plus de mille milliards de dollars de nouvelles dépenses jusqu’en 2017 à ses fins. Ce projet de dépenses comprend près de 10000km de nouvelles routes, de nouveaux aéroports et une production accrue des énergies solaire, éolienne et nucléaire. Compte tenu de ces objectifs ambitieux, l’Inde est susceptible de constituer un marché attractif pour le secteur de l’infrastructure. Toutefois, l’environnement des affaires en Inde est tout sauf idéal. Des réglementations imprévisibles et des retards bureaucratiques sont des obstacles majeurs à l’approbation des projets et dans l’octroi des droits fonciers. En outre, la corruption est un problème important en Inde. En effet, le pays occupe la 94ème place sur 177 dans le classement de l’indice de perception de la corruption 2013 publié par Transparency International (ONG). Par conséquent, beaucoup d’investisseurs cherchent d’autres opportunités.

Selon Bharatiya Janata Party (BJP), communément connue comme « Parti du peuple indien », a remporté une victoire écrasante dans les dernières élections en Inde et Narenda Modi est nommé 15e Premier ministre de l’Inde. Lors de sa campagne électorale, il a fait promesse de réduire les niveaux supérieurs du gouvernement afin d’éliminer les complications bureaucratiques qui nuisent au développement du pays. Et jusqu’ici, les nominations des membres de son Cabinet reflètent cette mentalité pro-business et pro-action. Arun Jaitley a été nommé nouveau ministre des finances de l’Inde. Précédemment Ministre de commerce (de 2003 à 2004), Jailtey a contribué à l’ouverture du pays aux investisseurs étrangers en accordant plus de droits aux propriétés étrangères dans les secteurs de la banque, des médias et de l’énergie.

Nitin Gadkari a été nommé ministre des transports. De 1995 à 1999, Gadkari occupait le poste de ministre des travaux publics dans l’Etat de Maharashtra où une nette amélioration des routes de l’Etat est constatée. De plus, il a réussi à aborder avec succès les obstacles réglementaires, ce qui a permis la réalisation des projets tels que Mumbai-Pune Expressway et la construction des 55 ponts à Mumbai. Sa nomination vient appuyer l’intention de M. Modi d’améliorer les infrastructures en Inde et de vaincre les obstacles bureaucratiques.

Selon le rapport du premier trimestre 2014, les ventes mondiales de Caterpillar (NYSE: CAT) ont augmenté de 12% en glissement annuel, toute fois un ralentissement de croissance a été constaté dans la région Asie-Pacifique. Ce ralentissement est principalement du aux baisses enregistrées dans le secteur de l’équipement minier, qui a connu une chute de 50% par rapport à l’année dernière dans la région. Par opposition, les ventes du secteur de la construction ont augmenté de 12% en glissement annuel, ce qui met CAT dans une meilleure position que son concurrent Joy Global (NYSE: JOY), dont la totalité des opérations concerne l’activité minière.

JOY a rencontré un énorme succès en Chine, le plus grand pays consommateur de charbon. Toutefois, JOY a peu de chances de connaître le même succès en Inde, même si le pays est en passe de dépasser la Chine en matière de la consommation de charbon dès cet été. Plus de 90% du charbon extrait en Inde est extrait pas les compagnies appartenant à l’Etat. Le rôle des sociétés privées est limité à l’autoconsommation, comme la production de l’acier et de l’énergie. JOY a donc peu de chances de réussir son entrée en Inde.

La huasse des ventes de construction par Caterpillar dans la région Asie-Pacifique a sans doute été stimulée par la Chine qui a investi 2,7 milliards de dollars dans les projets de construction l’année précédente et est en voie de dépasser ce chiffre cette année. La part de marché de CAT en Chine s’élève à environ 6,3%. Par opposition, en Inde, CAT est l’unique important fournisseur de chargeurs sur roues, de tracteurs à chenille et de niveleuses. Les améliorations des infrastructures dont le pays a besoin nécessiteront plus d’excavateurs, de chargeuses-pelleteuses et de camions à benne.

Avec la majorité écrasante dans le Parlement de l’Inde de ceux qui sont en faveur d’une plateforme pro-business, les opportunités pour Caterpillar de creuser plus le terrain sur plusieurs projets d’infrastructure semblent évidentes. Grâce à des réductions sur les taux d’intérêt et un environnement plus favorable à l’investissement étranger, Caterpillar semble être parfaitement placé pour répondre aux demandes liées à la construction en Inde. Il reste à savoir comment et dans quelle mesure M. Modi compte concrétiser ses projets de croissance et de lutte contre la corruption.

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